Les Types d’escalade

Types d’escalade

Il existe deux différents types d’escalade, classés selon les méthodes utilisées pour atteindre le sommet d’une voie :

  • l’escalade libre regroupe toutes les différentes pratiques de l’escalade où le grimpeur se sert uniquement de ses capacités physiques et des prises offertes par le rocher pour réaliser ses ascensions. À l’exception des chaussons d’escalade, le matériel utilisé ne sert que pour l’assurage en cas de chute, contrairement à l’escalade artificielle où du matériel peut pallier le manque de prises ;
  • en escalade artificielle, la corde et autres équipements sont également utilisés pour la progression du grimpeur. Celui-ci peut alors se hisser en tractant sur les ancrages mis en place (pitons, spits, coinceurs, crochets, etc.) et en se dressant sur des étriers qu’il accroche à ces ancrages. Le recours à un trop grand nombre de spits est mal vu des « puristes » de l’escalade artificielle car il les prive du plaisir de chercher les « faiblesses du rocher » où ils vont pouvoir placer leurs ancrages et de choisir ceux les plus adaptés à la situation. Il arrive que d’anciennes voies d’escalade artificielle soient gravies en escalade libre (on parle alors de « libérer » une voie), c’est notamment le cas de The Nose dans le parc national de Yosemite.

On distingue de nombreux types de pratique de l’escalade, classifiés selon la nature du terrain, la méthode d’ascension et le niveau d’équipement des sites d’escalade. L’équipement en place (les protections) dans les voies d’escalade est variable en fonction de la nature de celles-ci, du type de roche, de règles propres à un secteur géographique suivies par les grimpeurs locaux, ou de la personne ayant mis en place les équipements de la voie.

Escalade sportive

L’escalade sportive se pratique sur des voies entièrement équipées, où des points d’ancrage (spits ou broches scellées) ont été mis en place au préalable, compte tenu du cheminement envisagé de la voie, afin de permettre au grimpeur de se protéger en mousquetonnant sa corde. Apparue dans les années 1980, l’escalade sportive est un des types d’escalade les plus modernes, et c’est aussi la plus sécuritaire.

L’escalade sportive est notamment pratiquée lors des compétitions d’escalade de difficulté.

Escalade traditionnelle

L’escalade dite « traditionnelle » (également dénommée Trad) se pratique sur des voies peu ou pas équipées, elle associe l’escalade libre et l’usage exclusif de points d’assurage amovibles, les protections posées ne devant pas laisser de trace sur la paroi ni endommager le rocher (escalade propre), au contraire des trous forés pour insérer des pitons à expansion ou même des simples pitons46. Le grimpeur pratiquant ce type d’escalade doit juger de la qualité de l’équipement qu’il rencontre et placer lui-même des protections supplémentairesA 9. La pose de protection n’est possible que si le rocher le permet, cette escalade se pratique donc principalement dans des fissures, qui imposent parfois une gestuelle spécifique (coincements de doigts, de la main, des pieds, genoux…), lorsqu’il n’existe pas d’autres prises possibles.

En France, l’« escalade traditionnelle » est globalement cantonnée aux voies en montagne ou aux sites classés par la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME) comme terrains d’aventure, alors que certains pays pratiquent majoritairement ce type d’escalade y compris sur des falaises de faible hauteur, notamment la République tchèque, le Royaume-Uni et les États-Unis, qui sont d’immenses terrains de jeu pour les adeptes de ce type d’escalade.

Bloc

Le bloc se pratique sans baudrier ni corde sur des blocs ou murs rocheux de faible hauteur, il ne nécessite donc peu voire pas de matérielA 10. Pour limiter les risques de blessure lors d’une chute au sol, un ou plusieurs crash pads (en français : tapis de chute et de protection) peuvent être utilisés afin d’amortir les réceptions ; de plus, il est utile qu’un partenaire effectue une « parade » afin de guider et amortir la chute du grimpeur.

Pratiqué depuis longtemps sur les rochers de la forêt de Fontainebleau par les alpinistes qui y voyaient un simple support d’entraînement, le bloc est aujourd’hui une discipline à part entière. Au-delà de l’aspect ludique lié à des contraintes moins nombreuses, le bloc est aussi la recherche d’un absolu, du mouvement le plus pur possible. Certains blocs peuvent en effet ne comporter que trois ou quatre mouvements, voire un seul, parfois consistant en un jeté spectaculaire comme Rainbow Rocket (8A) dans le secteurFranchard Carriers à Fontainebleau.

Escalade en solo

L’escalade en solo ou « solo » se pratique de manière autonome, sans la présence d’un second grimpeur assurant le premier : le grimpeur évoluant seul peut donc soit s’assurer lui-même, soit progresser sans protection, on parle alors d’escalade en solo intégral.

Escalade en solo avec auto-assurage[modifier | modifier le code]

L’escalade en solo avec auto-assurage se pratique de manière autonome, mais en utilisant des systèmes d’assurage. Ce type d’escalade peut être pratiqué dans le cadre de l’escalade libre ou de l’escalade artificielle. Elle fait appel à des techniques complexes d’assurage en tête ou bien sur corde tendue depuis le haut de la voie : leur mise en œuvre peut être facilitée par l’utilisation de matériels spécifiques, comme des dispositif mécaniques de blocage ou anti-chute, des absorbeurs de chocs, des cordes statiques.

Escalade en solo intégral

L’escalade en solo intégral se pratique seul et sans aucun système d’assurage. Certains grimpeurs sont particulièrement célèbres pour avoir réalisé de nombreuses ascensions en solo intégral. Parmi eux, Patrick Edlinger, qui fait de nombreuses ascensions dans les gorges du Verdon, devenu célèbre grâce aux films de Jean-Paul Janssen La Vie au bout des doigts et Opéra vertical, mais aussi Alex Honnold qui a réussi plusieurs records en solo, comme l’enchaînement en 18 heures du Triple Crown, c’est-à-dire la trilogie deEl Capitan, du Half Dome et du mont Watkins dans le parc national de Yosemite51.

Depuis le milieu des années 1990, le grimpeur français Alain Robert fait aussi régulièrement parler de lui dans les médias en faisant l’ascension de bâtiments publics de gratte-ciel comme la Burj Khalifa ou la Tour First52,53. Ces réalisations sont faites la plupart du temps sans autorisation ce qui lui a valu nombre d’arrestations par les forces de l’ordre.

Psicobloc

Le solo intégral est également pratiqué au-dessus de l’eau, on parle alors de psicobloc ou psichobloc (deep-water soloing en anglais). Le terme a été inventé par l’Espagnol Miguel Riera, un grimpeur qui pratique ce type d’escalade depuis plus de 20 ans. Le psicobloc est particulièrement pratiqué sur les falaises dans la région de Majorque, dans les calanques de Marseille ou plus récemment en Thaïlande, mais est resté peu connu du grand public jusqu’à la réalisation de l’arche Es Pontas par Chris Sharma. Cette pratique permet de faire du solo intégral sans risquer de se tuer lors d’une chute, mais n’enlève pas complètement la possibilité de se blesser car l’impact sur l’eau peut être la source de contusion ou traumatisme.

Source : Wikipédia